Le château de Saint-Germain de Confolens est bâti sur un éperon rocheux au confluent de la Vienne et de l’Issoire Il a pendant des siècles occupé une position stratégique. Il était en effet situé à la frontière entre le comté de la Marche et la province de Chabanais. Totalement ruiné après la Révolution, le château a bénéficié d’importants travaux de restauration. D’abord dans les années 1970 puis de manière plus intensives à la fin des années 1990. De nombreuses animations redonnent aujourd’hui vie à ce château millénaire.

Texte : Céline Deveza, animatrice du patrimoine

 Bâti sur l'éperon rocheux au confluent de la Vienne et de l'Issoire, le château de Saint-Germain de Confolens a pendant des siècles occupé une position stratégique à la frontière entre le comté de la Marche et la province de Chabanais.
Ruiné à la révolution française, le château de Saint-Germain de Confolens est aujourd’hui en partie restauré.

De quelle époque date le château de Saint-Germain de Confolens ? Le donjon et la chapelle romane datent sans contestes du XIIe siècle. Mais autres parties de l’édifice remonteraient majoritairement au XVIe siècle. Il est aussi vraisemblable qu’un château était déjà présent sur ce site vers l’an mil. Plusieurs indices plaident en faveur de cette thèse. Une construction ex nihilo au XIIe siècle est peu envisageable, et un village s’était déjà développé à ses pieds. De plus, des sondages archéologiques effectués sur le site par le cabinet Hadès en avril 2019 ont mis à jour une couche de brûlé qui témoigne d’un incendie violent sur le site. Une datation des échantillons au Carbone14 a établi une fourchette entre le milieu du Xe et le début du XIe siècle. Soit donc avant la construction du donjon roman. Mais qu’y avait-il à ce moment-là ? Quelles sont les origines de l’incendie ? En l’état, cette découverte très intéressante pose plus de questions qu’elle n’apporte de réponses.

Une chapelle dans l’enceinte du château

Aujourd’hui en partie en ruines, le château de Saint-Germain de Confolens forme un quadrilatère doté d’une tour ronde à chaque angle. Il est organisé autour d’une haute et d’une basse-cour. Un corps de logis relie deux de ces tours. On y trouve la aula, salle de justice et de réception, et une pièce correspondant au donjon du XIIe siècle. Les niveaux supérieurs de ces tours et du corps de logis avaient une fonction résidentielle. En témoignent les grandes fenêtres, les oratoires et les cheminées, alors que les caves servaient au stockage et à la défense.

Dans l’enceinte du château, accolée à la basse-cour, l’ancienne chapelle castrale date du XIIe siècle. Selon l’hypothèse récente de Sébastien Dumasdelage elle pourrait avoir été une église desservant un quartier aristocratique. Elle est devenue église paroissiale au XVe ou au XVIe siècle, sous le vocable de Saint-Vincent. L’édifice possède un plan en croix grecque, ce qui est exceptionnel pour le Confolentais. Ce plan est en partie dissimulé par le presbytère, construit au milieu du XIXe siècle. La chapelle se distingue par son extrême simplicité, son absence de décor sculpté et son nombre limité d’ouvertures. Ceci s’explique par son incorporation primitive dans l’enceinte castrale.

Une destruction due aux guerres de religion ?

Le clocher, édifié sur le carré du transept, a été détruit puis remonté à un niveau inférieur au niveau d’origine. Il devait sans doute participer à la défense du site. Au niveau de la croisée du transept, l’ancienne coupole sur pendentifs a été remplacée à une date inconnue par une charpente en bois. Certains attribuent cette destruction aux guerres de Religion. Parmi les éléments intérieurs remarquables, on note devant l’absidiole du bras nord la pierre tombale d’un chevalier (remploi) ornée de l’écu patté, de la lance et de l’épée. Le bras sud du transept conserve la trace d’une porte aujourd’hui murée, utilisée par les seigneurs pour accéder à leur chapelle. L’église a conservé son cimetière à son chevet.

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