Quelle pourrait être la définition d’un tiers-lieu ? Tisseurs de liens, réinventeurs de lieux patrimoniaux, générateurs d’actions collectives… les tiers-lieux sont à de nombreux égards des outils enchanteurs d’une dynamique territoriale. Mais pas magiques pour autant !

Texte : Chloé Rivolet, Responsable réseau, Coopérative Tiers-Lieux

Si ces lieux à mi-chemin entre le domicile et le lieu de travail ont plus que jamais le vent en poupe (en témoigne la très récente politique publique gouvernementale annoncée le 17 juin 2019), la dynamique n’est pas toute neuve. Conceptualisé en 1989 par le sociologue américain Ray Oldenburg dans son ouvrage The Great Good Place, le tiers-lieu s’entend comme un lieu intermédiaire à la maison et l’entreprise, dédié à la vie d’un collectif, et se rapporte à des espaces où les individus peuvent se rencontrer, se réunir et échanger de façon informelle. Au-delà du lieu, c’est à travers une programmation riche et variée que les tiers-lieux se distinguent également d’autres lieux plus proches de la colocation. Le vivier de compétences, permis par la mixité des profils et des parcours au sein de ces espaces, ne demande qu’à se rencontrer, se faire confiance et créer des synergies.

Partir du local

Mais le tiers-lieu ne se décrète pas. À la fois réseau régional, laboratoire et école de facilitateurs de tiers-lieux, la Coopérative Tiers-Lieux détecte, fédère et accompagne les espaces de travail partagés en Nouvelle-Aquitaine depuis 2011. Forts de ces années d’expérience et des multiples projets que nous avons accompagnés, nous défendons l’idée que le processus de création des lieux doit reposer essentiellement sur les hommes et les femmes qui impulseront la dynamique.

Les tiers-lieux, des creusets de créativité tous azimuts !
Les tiers-lieux, des creusets de créativité tous azimuts ! © Simon David, Ville de Rochefort.

À l’instar de son attractivité touristique riche et variée, la Nouvelle-Aquitaine accueille plus de 250 tiers-lieux implantés tant en métropole qu’en agglomérations ou en milieu rural. Les points communs ne s’arrêtent pas là. C’est précisément pour creuser cette vaste question que nous nous sommes rapprochés de la MONA, la tête de réseau des offices de tourisme en Région. Depuis 2015 nous provoquons des temps de travail collectifs et développons des projets communs autour de la vocation touristique des tiers-lieux.

Des lieux atypiques

Tous uniques par leurs histoires ou leurs modes de fonctionnement, certains intriguent par leurs attraits touristiques atypiques. Ancienne filature reconvertie, ancienne porcherie réinventée autour de l’aquaponie, ancien tribunal réinvesti, centres-bourgs désertés les tiers-lieux sont parfois installés dans des lieux emblématiques et symboliques dans les territoires. Transformer et convertir l’existant, recréer une histoire collective nous amène à penser ces tiers-lieux comme des espaces de centralité et de convergences de nouveaux intérêts et nouveaux usages.

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