Bâti non loin de Niort dans la première moitié du XIIIe siècle, le château fort de Coudray-Salbart présente un bel exemple d’architecture militaire du Moyen Âge. Laissé à l’abandon depuis le XVe siècle, de grandes campagnes de restauration lancées à partir des années 1970. Ce qui a permis de mettre en valeur ce patrimoine exceptionnel du Moyen Âge.

Le château fort du Coudray Salabrt en Deux-Sèvres
Avec ses tours et ses courtines, le château fort du Coudray-Salbart accueille les visiteurs durant toute la belle saison.

Texte et photos: Patrick Duqueroy, Michel Rodon et Claude Magister (Les amis du Coudray-Salbart)

L’histoire du château fort de Coudray-Salbart reste mystérieuse. Le premier document décrivant cet édifice date de 1460, alors que le début de la construction remonterait à 1202-1204. Cette forteresse fut au cœur des luttes entre les Plantagenets, qui régnèrent sur l’Angleterre, et les Capétiens, rois de France. Sa construction et son agrandissement sont liés à la famille des Parthenay-Larchevêque qui, dès le XIIe siècle, domine la Gâtine, région stratégique du Poitou. L’éperon rocheux du mont Milon offre d’indéniables atouts pour la construction du château : il sépare les terres des Lusignan (Hugues à l’est et Geoffroy à l’ouest), commande la plaine de Niort et domine la Sèvre Niortaise, alors voie commerciale.

Malgré des retournements opportunistes d’alliance, les Parthenay-Larchevêque resteront fidèles de 1202 à 1240 aux Plantagenets, dont les investissements permettent de renforcer les défenses. De 1243 à 1300, l’amélioration des moyens d’attaque ainsi que l’élargissement du domaine des Larchevêque vers Vouvant, Mervent, Moncontour, Taillebourg et Rochefort provoquent un abandon progressif du Coudray. Durant tout le XVe siècle, le château changera plusieurs fois de propriétaires jusqu’à tomber en ruines.

Le Coudray-Salbart, un château vite abandonné

En 1415, Jean II de Parthenay qui soutenait les Bourguignons, rebelle au royaume français, est dépossédé de ses terres. Arthur III de Richemont, duc de Bretagne et connétable de France, devient propriétaire du château. En 1420, le duc Jean V de Bretagne, enlevé par les Penthièvre, est emprisonné quelques semaines au Coudray-Salbart (nom apparu vers 1419). En 1460, Dunois, bâtard d’Orléans et compagnon de Jehanne d’Arc, grand chambellan du royaume, nouveau propriétaire, commande un minutieux inventaire : cette « prisée » décrit une forteresse désertée nécessitant des travaux de grande ampleur… qui ne seront jamais exécutés !

Abandonné jusqu’au XVIIIe siècle, le lieu périclite et passe de main en main. Le comte d’Artois, futur Charles X, s’en débarrasse en 1776 pour 43 800 livres au profit de l’abbé Dufay de la Taillée, qui possède un château et des terres à Échiré. Le château restera dans la famille de ce dernier jusqu’en juin 2000. À cette date, son dernier propriétaire, Pierre Du Dresnay de la Taillée, le cède pour un franc symbolique à la Communauté d’Agglomération du Niortais.

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